Photo : Tomoko Suwa-Krull

Descendant de la famille royale du Burundi, J.P. Bimeni a quitté son pays à l’âge de 15 ans au moment de la guerre civile de 1993. Suite à trois tentatives d’assassinat à l’école, ses camarades ont été tués sous ses yeux, un membre de la milice l’a poursuivi en moto et les médecins ont tenté de l’empoisonner à l’hôpital il se voit octroyer le statut de réfugié et se rend en Angleterre. Porté par un groove qui rappelle les classiques des années 60 de Stax et de la Motown, l’album a été écrit et composé par le directeur musical Eduardo Martinez et le songwriter Marc Ibarz. Bimeni imprègne les compositions de son expérience tragique, faisant de « Free Me » la bande originale de sa vie de souffrance : “ la musique est une façon d’oublier ” explique J.P. Bimeni.

Sur « Free Me », des jams funk enlevés succèdent à des ballades soul chaleureuses et le tout est sublimé par la touche africaine qu’apporte Bimeni. Que ce soit le funk conscient de ‘Honesty is a Luxury’’, le provocateur ‘Don’t Fade Away’ ou l’émouvant ‘I Miss You”, Bimeni avec son large spectre vocal, fait montre d’une exceptionnelle profondeur. Le fait que Bimeni ait vécu une vie si tragique et qu’il soit en mesure d’en rendre compte donne à ces chansons une résonance toute particulière. “Quand j’étais sur mon lit de mort, après qu’on m’a tiré dessus, un prêtre est venu pour me donner les derniers sacrements” se souvient-il. “ Je l’ai regardé et je lui ai dit que je n’avais pas l’impression que j’étais sur le point de mourir, que j’allais vivre encore longtemps, aller à la rencontre du monde et me prouver à moi même que la vie n’était pas que haine et assassinats ”.

À l’âge de 16 ans, il quitte l’Afrique pour le Pays de Galles et rejoint un collège prêt à l’accueillir : “ J’étais seul, aux abois, drogué aux antidouleurs mais j’étais très heureux de m’en être tiré ” . En cette période sombre, la musique lui offre un peu de répit : “ C’est au Pays de Galles que j’ai acheté des disques pour la première fois des compilations de Ray Charles, Otis Redding, Bob Marley et Marvin Gaye ” . Après deux ans au collège, Bimeni obtient une place à l’université du Lancashire pour étudier l’économie et la politique c’est à cette époque qu’il donne son premier concert, dans un pub. Il déménage à Londres en 2001 et y découvre toutes les possibilités musicales que la capitale a à lui offrir : il participe à des jam sessions avec le groupe de Roots Manuva, des open mics avec Shingai Shoniwa, la chanteuse du groupe Noisettes et rencontre une très jeune Adele. C’est une invitation à rejoindre un spectacle autour d’Otis Redding, en 2013, qui le met sur la voie sur laquelle il est aujourd’hui. Alors qu’il est invité par le groupe de funk Speedometer pour un concert en Espagne en 2017, les représentants du label Tucxone Records le repèrent… et savent instantanément qu’ils ont trouvé la perle rare.

Ils l’associent au groupe The Black Belts : Rodrigo Diaz Niño (batterie et percussions), Pablo “Bassman” Cano, Fernando Vasco “Two Guns” (guitare), Ricardo Martínez (trompette) et Rafael Díaz (saxophone). Ensemble, ils enregistrent l’album « Free Me », à Madrid, pendant l’hiver 2017. Pour J.P. Bimeni, la musique est un moyen de survivre : “ Il faut savoir mettre sa souffrance et ses problèmes de côté et laisser d’autres sentiments prendre le dessus ” dit il. À la fois spirituel et plein d’esprit, il fait preuve d’une positivité infaillible qui peut être un exemple pour beaucoup : “ Je rêve de retourner un jour au Burundi mais je n’oublie pas que les moments tragiques que j’y ai vécus m’ont permis de découvrir le monde ”.

Musiciens :
Jean Patrick BIMENI : Chant
Alejandro LARRAGA : Claviers
Rodrigo ULISES : Batterie
Pablo CANO : Basse
Fernando VASCO : Guitare
Rafael DIAZ : Saxophone
Ricardo MARTINEZ LOSA : Trompette

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SAMEDI 28 NOVEMBRE À 20H30
OPÉRA DE LIMOGES

Tarif plein : 22€
Tarif réduit : 18€

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